désir féminin

Qu’en est-il du désir féminin à 50 ans ?

Nombre de femmes quinquagénaires voient leur désir diminuer. Pourquoi ?

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Souvent, au fil des ans, le désir s’essouffle au sein d’un couple. L’envie de l’autre s’amenuise et parfois s’épuise. On ne peut s’en étonner car tout concourt à fragiliser ce désir sexuel, à commencer par la confiance en l’autre et la sécurité affective qu’apportent les années de complicité amoureuse. C’est que le désir sexuel ne se nourrit pas de la douce tranquillité d’une vie de couple mais cet élan de vie a besoin de nouveauté, de découverte, d’aventure pour se déployer.

Baisse du désir féminin : quelles causes possibles ?

Mais les années d’amour partagé ne sont pas les seuls ennemis du désir. Les ennuis au boulot, le stress, le burn-out, ou son contraire le bore-out (l’ennui au travail), la déprime, les soucis financiers, les conflits de couple, l’infidélité, la fatigue, les abus sexuels vécus, l’ennui érotique, l’absence d’orgasme, la non répartition des tâches domestiques, les problèmes de santé, la prise de médicaments, le manque de sport, les croyances religieuses, les conceptions des rôles sexuels, l’intégration des stéréotypes sexuels, la méconnaissance de son corps, les complexes physiques, le manque d’estime de soi, l’absence de communication au sein du couple et bien évidemment l’âge participent aussi de cette fragilisation. Les facteurs affaiblissant le désir sexuel sont si nombreux qu’on peut se demander comment les couples engagés dans une longue relation ont encore une intimité. 

Parmi tous ces éléments, on épingle ici l’âge qui touche plus particulièrement les femmes. Dans leur vie intime, la période de la ménopause est connue pour amenuiser particulièrement le désir. Une étude récente, datant de 2017, a même montré que pas moins de 69 % des femmes quadragénaires interrogées ont dit leur moindre désir sexuel ! (1). La diminution est souvent vécue dans la souffrance tant notre société occidentale considère la sexualité comme le langage premier des couples, leur ciment. Nombreuses sont d’ailleurs les femmes qui consultent pour cette raison. Ce qui s’appelle le “DSH”, le “Désir sexuel hypoactif” est aujourd’hui la première raison pour laquelle les femmes consultent un.e sexologue.

Sans conteste, la ménopause qui survient entre 45 et 55 ans est une période peu facile tant au niveau physique que psychique. La baisse rapide de la production d’oestrogènes et de progestérone engendre la diminution du flux sanguin et une moindre lubrification vaginale ; ce qui peut rendre les rapports douloureux. La tonicité du vagin est également moins grande, rendant les contractions vaginales de l’orgasme moins intenses.

La liste des symptômes déplaisants ne s’arrête pas là. Il y a encore les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes abondantes, les maux de tête, insomnies, moments d’irritabilité, sécheresse cutanée, ostéoporose et prise de poids qui perturbent le bien-être physique et ne donnent guère envie de faire l’amour. Et le désir diminue d’autant plus qu’à ces problèmes physiques peuvent se rajouter un mal être émotionnel et psychologique. Les nouveaux kilos, le corps moins ferme comme les rides peuvent faire croire aux femmes qu’elles sont moins désirables et on ne condamnera pas de ce ressenti tant notre société survalorise la jeunesse, surtout féminine.  De plus, les problèmes érectiles éventuels du partenaire, liés eux aussi à l’âge (bien plus qu’à la partenaire), peuvent conforter cette impression de ne plus être désirable….

Que faire pour y remédier ?

Mais ces changements dus à la ménopause ne sont pas une fatalité. On peut les dépasser, comme on le verra dans le prochain article et ranimer son désir pour vivre une belle sexualité. Certaines femmes d’ailleurs disent se sentir plus épanouies à cet âge. Il est vrai qu’avec les années, les femmes peuvent éprouver davantage de plaisirs. Elles connaissent leur corps, ont appris à lâcher prise et sont en pleine confiance avec leur partenaire. Elles savent comment jouir. On souligne d’ailleurs que le clitoris reste aussi sensible qu’avant. Or c’est ce petit organe dédié au seul plaisir et doté de 8000 terminaisons nerveuses qui mène droit à la jouissance qu’elle soit clitoridienne ou vaginale.

(1)Prevalence and Predictors of Low Sexual Desire, Sexually Related Personal Distress, and Hypoactive Sexual Desire Dysfunction in a Community-Based Sample of Midlife Women. Etude de Worsley R., Bell R., Gartoulla P ;, Davis S. Publiée dans Journal of Sexual Méd. en 2017


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